Emmanuel Adely, et sic in infinitum, Maison Malo Quirvane.

« ainsi et de cela il y a longtemps des années et des siècles les 18 ans des garçons des deux côtés avaient la certitude de se battre pour le bien et se battaient dans la foi et se battaient dans la vigueur car se battre et vaincre est le propre des garçons »

« car hormis le dieu au nom de chacun dans sa langue et hormis la langue d’après Babel ce serait mêmes pieds mêmes jambes mêmes ventres mêmes bras mêmes cous mêmes têtes face à face ce serait mêmes corps pleins de fluides et de vie encore gauche et désir animal »

Nous voilà en février. J’hésite entre déjà et seulement tant notre perception du temps est suspendue avec cette crise sanitaire… En tous cas, cette année est pleine de surprises livresques ! C’est le facteur qui m’a apporté ce livre, et je tiens tout d’abord à remercier Babelio, et la maison d’éditions, pour l’envoi de ce livre singulier. Lorsque je l’ai pris en main, j’ai été charmée par ce titre en latin, et la quatrième de couverture : « il y a vrai dieu d’un côté et il y a vrai dieu d’un côté et ce n’est pas le même et ça pourrait résumer à ça c’est-à-dire à ceci qu’il y aurait le vrai dieu des deux côtés… ». La première page du livre mentionne l’intention de la maison d’éditions: proposer des textes inspirés par des tableaux du XVIIème siècle, exposés au Louvre. L’auteur s’est inspiré du Portrait d’Alof de Wignacourt par le Caravage. Cette impulsion, très originale, présente un joli exercice de style…

Un résumé de cette œuvre serait réducteur. Si votre curiosité est exacerbée, je vous recommande de lire ce livre en une fois, en une seule respiration. Un récit qui s’étend sur quelques quarante pages, sans majuscule, sans point. Sans phrase aucune. Des répétitions. Une logorrhée qui nous plonge dans un combat du XVIIème siècle, au plein cœur de ce tableau. Une lecture qui ne peut vous laisser de marbre. Si la lectrice que je suis a été bousculée dans ses attentes, la prof de français quant à elle a été horrifiée par l’absence de construction syntaxique. Ce texte pourrait être adapté en théâtre : un long monologue qui rappellerait Lucky dans un certain Godot qu’on attend toujours…

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