« L’une d’elles, la gauche, bâillait un peu sur l’avant. Je n’en fus pas plus étonné que ça dans la mesure où ma reprise d’appui, à la fin de mon geste de service, se faisait sur la jambe gauche. Je lui trouvais une bonne tête à cette charentaise qui bâillait. Elle avait l’air de se marrer, de se foutre un peu de la gueule de celui qui la regardait de trop près. Ça n’était pas pour me déplaire. Je ne me sentais pas concerné étant donné que lorsqu’elle était à mon pied, je ne la voyais que de haut. «
« N’était-ce pas un début de sagesse que de parvenir à ne plus brusquer le temps, donner sa chance à la durée, parfaire ainsi son aptitude à accueillir l’événement ? Devenir lent au milieu de la frénésie convulsive des autres. »
Un petit livre en guise d’amuse-bouche estival, pioché dans un rayon de la librairie, en attendant l’heure de mon rendez-vous chez le coiffeur. Une librairie où je n’étais encore jamais allée ! Si je n’affectionne pas particulièrement leur rangement, j’ai néanmoins été attirée par quelques livres surprises qui dépassaient ça et là. Les Pantoufles en fait partie. Je ne résistais pas à lire le début, patientant dans le fauteuil face au miroir du coiffeur…
Notre personnage principal a tout d’un homme ordinaire, sauf ce jour-là, où, pressé par le temps, il se retrouve dans la rue en pantoufles. Contre tout attente, il va assumer et voir la vie sous un nouveau jour grâce à cette situation inédite… Que lui réserve cette journée passée en pantoufles ?
Un condensé de rire, de clichés, de regards sur la société. Un roman qu’on lit en une fois, chaussé de pantoufles. Et le livre une fois refermé, on a nous aussi envie d’enfiler nos chaussons pour nous révéler au monde !

