Fou de la reine, Kentin Jarno : ne soyons pas que des pions !

En ce jeudi 05 novembre a lieu la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire. Au lycée, c’est un moment fort, porté par l’ensemble de la communauté éducative. De plus en plus d’œuvres – cinématographiques, théâtrales, musicales, littéraires – abordent ce sujet. Je vous présente aujourd’hui Fou de la Reine. Mes élèves connaissent généralement cet auteur pour son roman Jamais 203. J’ai, pour ma part, découvert l’auteur, Kentin Jarno, avec Fou de la reine, mais ses autres œuvres vont rejoindre ma PAL prochainement… J’ai d’abord été surprise que les trois disciplines enseignées à Castelan (la littérature, le théâtre et les échecs) soient classées comme des arts obscurs… J’aime ces trois disciplines !

Eglantine passe en deuxième année dans un établissement prestigieux : une école où trois cursus sont possibles, la littérature, les échecs et le théâtre. En ce qui la concerne, c’est le cursus échecs qu’elle suit. L’école impose une certaine pression pour former l’élite. Eglantine est une fille un peu paumée, extravagante, sans grande confiance en elle. Durant un cours, elle doit disputer une partie contre Riven, le meilleur élève de sa classe. Ce sera le premier contact entre ces deux élèves qui n’ont jamais échangé. Quand une application d’un jeu d’échecs apparaît sur le téléphone d’Eglantine, et qu’elle comprend que le cadavre qu’elle découvre avec Riven, est lié au pion qui vient d’être éliminé dans sa partie, les deux élèves vont partager bien plus que leur cursus…

Le début du livre nous embarque directement : on se retrouve dans cette école, en tant qu’élève, comme Eglantine. L’alternance des voix des personnages n’est pas un problème ici puisque le récit garde la même temporalité. C’est d’ailleurs très intéressant de se mettre véritablement dans la peau des différents personnages à mesure que le récit avance et d’avoir ainsi les points de vue, féminin et masculin, notamment sur la naissance de la romance entre Eglantine et Riven. Les passages sombres sont écrits avec beaucoup de justesse, et on frissonne devant ce spectacle horrible. Enfin, on aime mener l’enquête, on a des hypothèses qui se voient toutes être invalidées au fur et à mesure. Et puis, cette thématique, celle du harcèlement, qui est centrale. Le fait d’être dans la peau des élèves permet de mieux cerner ce qu’ils peuvent ressentir lorsqu’il y a du harcèlement. Changer de point de vue nous permet aussi de nous rendre compte que certaines paroles, répétées, sont propices à l’installation d’une situation de harcèlement.

Et vous, vous trouvez que c’est important d’écrire sur ces thématiques ?

Image d'un jeu d'échecs, avec le roman Fou de la Reine de Kentin Jarno, et des pions du jeu.
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